Quelques souvenirs - Suzanna Carrière
Suzanna Carrière

Mon travail, c’est aussi ma passion: l’esthétisme et la beauté. Travaillant dans un magnifique espace au Centre-Ville de Montréal, je suis toujours aux petits soins pour ma clientèle. C’est d’ailleurs ce que je vous partagerai sur ce blogue, mon quotidien dans ce fabuleux domaine - en plus d’un paquet de sujets qui me passionnent. Et non, je n’oublie pas mes enfants chéris qui comblent ma vie.

Quelques souvenirs

Quelques souvenirs - Suzanna Carrière

Je retrouvais une camarade de classe avec qui, déjà à l’époque, je n’avais aucune affinité. Nous étions tous les deux invités à un congrès. Pour faire dans la correction, et se montrer un peu plus adulte, nous nous invitions, chacun à notre tour pour le dîner, et pour le souper. La chose que je trouve la plus étrange dans ma vie, c’est que je n’ai presque rien à dire. Ni de mon passé, ni de mon présent. Aujourd’hui, tout le monde présente le fameux ami fidèle qu’est le téléphone intelligent, sans aucune pudeur. La plupart du temps, il s’agit de selfies, ou de photos plus ou moins récentes. Dans le cas de mon amie, elle avait trouvé le temps de scanner, et d’apposer ses vieilles photos dans son appareil. Je me rappelais de quelques événements relatifs à ce qu’elle me présentait. Mais il y avait quelque chose qui n’allait pas au fur et à mesure qu’elle les faisait défiler. Sur le coup, je ne savais pas trop ce que c’était. C’est un détail qui avait fait jaser auparavant, et qui ne se trouvait plus, ni sur la photo, ni sur elle, qui me le faisait comprendre. Sa moustache avait disparu.

Il y a des sujets qui fâchent. La moustache d’une femme en est un. Je ne pouvais quand même pas lui avouer que je trouvais qu’elle avait bien fait de faire une epilation à tout le contour de ses lèvres. Je cherchais à m’y prendre autrement. En regardant les photos pour la deuxième fois, je lui soumettais qu’elles me paraissaient changées. Comme si certains détails avaient disparu. Ayant compris où je voulais en venir, elle me faisait comprendre qu’elle avait fait quelques retouches sous Photoshop avant de se remettre à les montrer. Je comprenais soudain, qu’elle avait autant détesté, qu’elle avait aimé ces quelques années de notre jeunesse où, nous avons presque tous, un peu trop la facilité de se tirer dans les pattes. Elle avait souffert de la médisance de ses camarades, et devait certainement encore saigner de cette douleur. Cependant, elle devait en garder aussi une petite nostalgie au fond d’elle-même, qui devait lui servir d’équilibre dans sa vie présente. En rentrant chez moi, je ne retrouvais que trois photos de cette époque. Elle avait préféré enlever quelques détails gênants. Dans mon cas, je faisais quelques retouches un peu plus intéressantes. Je rajoutais quelque deux, ou trois détails, qui m’auraient bien fait plaisir à cette époque. Une Ferrari…