Un hiver trop long - Suzanna Carrière
Suzanna Carrière

Mon travail, c’est aussi ma passion: l’esthétisme et la beauté. Travaillant dans un magnifique espace au Centre-Ville de Montréal, je suis toujours aux petits soins pour ma clientèle. C’est d’ailleurs ce que je vous partagerai sur ce blogue, mon quotidien dans ce fabuleux domaine - en plus d’un paquet de sujets qui me passionnent. Et non, je n’oublie pas mes enfants chéris qui comblent ma vie.

Un hiver trop long

Un hiver trop long - Suzanna Carrière

C’était un bon moment pour sortir de ma maison après ces journées de pluies incessantes. Pendant trois mois, le mauvais temps n’avait pratiquement pas cessé. Ce rayon de soleil était exactement ce que j’attendais pour aller dans mon jardin, et regarder si les plantes n’avaient pas trop poussé. Le froid avait ralenti la croissance de la végétation. Cependant, les premiers bourgeons de feuilles apparaissaient et les arbustes, qui fleurissent sur le bois, telle une viorne, se paraient d’inflorescences odorantes. Les oiseaux avaient repris leur chœur, et même les grenouilles se décidaient enfin à chanter. Ce réveil de la nature me poussa à commencer les premiers travaux dans le jardin. J’ai enlevé les quelques feuilles mortes qui s’étaient déposées dans des massifs, mais en faisant attention à en laisser un peu, pour que le sol garde une couverture végétale. La mousse avait recouvert des pierres, ce qui m’enchanta.

Disposées en rond autour d’un bassin, que j’avais vidé pendant l’hiver, les galets géants étaient tous couverts d’une mousse verte, à l’allure de coussin. Son épaisseur et sa couleur apportaient une teinte particulière autour de la pièce d’eau, que je devais remettre en service. Pendant que je regardais aussi la bâtisse principale, où je découvris des fissures et des problèmes qui me poussèrent à appeler ceux qui s’étaient occupé de mon remplacement toiture candiac, du temps où nous habitions là. Par la suite, le ciel s’est couvert de nuages gris, ce qui me força à rentrer. J’ai regardé, au travers de mes fenêtres, la pluie tomber. Pour me distraire, j’ai cherché un livre que je n’avais pas encore eu le temps de parcourir. J’étais sûre d’avoir posé cet ouvrage, portant sur les plantes pour les zones ombragées, dans ma chambre. Je l’ai découvert sous une pile de linge propre.

J’avais eu envie de lire ce livre pour me documenter sur un sujet qui me touchait particulièrement. Dans ma propriété, de vieux arbres recouvrent une partie du terrain. Si je voulais avoir quelques massifs fleuris, je devais composer avec cette présence. La portée de leur ombre et leur orientation sont un obstacle à la pousse de plantes non adaptées à ces conditions extrêmes. J’ai donc commandé des fougères, des ellébores, des euphorbes et des épimèdes. Mon but est de les mettre aux pieds des arbres. Même si ces plantes ont des floraisons éphémères, leurs feuillages sont très intéressants. J’ai aussi découvert que je pouvais mettre des pavots bleus, qui se plaisent même sous des températures très froides.