Un joli nom pour un handicap - Suzanna Carrière
Suzanna Carrière

Mon travail, c’est aussi ma passion: l’esthétisme et la beauté. Travaillant dans un magnifique espace au Centre-Ville de Montréal, je suis toujours aux petits soins pour ma clientèle. C’est d’ailleurs ce que je vous partagerai sur ce blogue, mon quotidien dans ce fabuleux domaine - en plus d’un paquet de sujets qui me passionnent. Et non, je n’oublie pas mes enfants chéris qui comblent ma vie.

Un joli nom pour un handicap

Un joli nom pour un handicap - Suzanna Carrière

La première fois que j’ai entendu parler de couperose, je croyais qu’il s’agissait d’une espèce de fleur ou un de ces délices en gastronomie. Puisque je ne m’y connais pas du tout dans ces domaines, j’ai tout de suite pensé que si ce n’était l’un, ce serait l’autre. Aussi, j’ai presque failli induire notre fille Charlotte en erreur. Elle m’avait demandé de l’aide pour son exposé à l’école à ce sujet. Chacun devait faire un exposé de 10 à 15 lignes sur ce thème. J’aurais dû me douter que ce serait quelque chose de plus compliqué qu’une simple fleur, il fallait s’y attendre. Heureusement, la mère de Charlotte est une véritable fanatique de tout ce qui se rapporte aux fleurs : les parfums, le jardin, les produits cosmétiques à base de fleurs, surtout en ce qui concerne les orchidées, le lilas, les roses et l’aloès. Elle a pu nous expliquer en détail que cela n’avait aucun rapport avec les fleurs, que c’est une maladie, qui est tout de même loin d’être aussi agréable que sa dénomination, et qui touche surtout les femmes. Mais il faut dire que les scientifiques et les chercheurs essaient toujours de nous rendre les choses plus difficiles. Comme si le fait de dénommer un truc autrement, ou de lui donner un nom bizarre le rend plus important, beaucoup plus savant. C’est  vrai quoi, si la professeure de Charlotte avait juste parlé de rosacées, j’aurais compris tout de suite, j’aurais peut-être pu l’aider à faire au moins, la moitié du travail. En fait, la rosacée est une des grandes frayeurs des jeunes femmes de notre époque. Ce n’est jamais évident de vivre avec des anomalies sur le visage, surtout pour les jeunes femmes. D’autant plus que cette maladie guérit difficilement, et c’est sans compter la honte qu’elle fait éprouver aux personnes touchées par celle-ci. J’ai eu l’occasion de rencontrer certaines femmes qui ont eu ce problème. Certaines ont refusé de monter leur visage au grand jour sans se voiler la face, d’autres ont tenté tant bien que mal de masquer cette imperfection et le reste semble vivre comme tous les gens parfaitement saines, mais elles vivaient presque toutes avec des sensations désagréables de se voir être la plus moche de la terre. Et pour une femme, rien n’est pire que ça. Le comble, c’est que ce n’est pas toujours évident de se rendre compte que la personne a besoin d’aide et de soutien et il arrive qu’on ne s’en rende compte que lors des épisodes de dépressions.